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Marchés criminels

Juin 2026
par Ruben De Koning, Nathalia Dukhan - GI-TOC

Une étude approfondie des activités commerciales et des réseaux prédateurs qui sont les principaux responsables de la violence armée et du crime organisé en République centrafricaine.

 

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Communiqué de presse (Anglais)

 

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Au cours des cinq dernières années, la République centrafricaine (RCA) est devenue une plaque tournante où des personnalités politiques et militaires de haut rang, des acteurs criminels et des groupes criminels organisés transnationaux se sont associés pour en tirer profit en consolidant leur emprise sur des marchés criminels clés.

Début 2021, les Forces armées centrafricaines (FACA), agissant aux côtés du groupe russe Wagner, ont lancé une campagne militaire à l’échelle nationale. Bien que présentées comme un effort de stabilisation dans un pays marqué par un conflit armé prolongé, ces opérations ont rapidement dépassé le cadre de la lutte contre l’insurrection pour s’inscrire dans un processus plus large de consolidation territoriale, politique et économique. Plutôt que de démanteler les systèmes de violence sous-jacents, ces opérations les ont reconfigurés.

Les forces progouvernementales – opérant souvent sous le commandement opérationnel de Wagner et soutenues par des milices locales agissant pour leur compte – ont pris pour cible des combattants présumés et des civils accusés d’appartenir aux forces d’opposition. La vague de violence qui en a résulté a donné lieu à des actes pouvant constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

L’offensive a également visé les infrastructures économiques soutenant les groupes rebelles. Les chaînes d’approvisionnement, les couloirs de trafic et les systèmes fiscaux informels ont été perturbés, affaiblissant l’autonomie financière des groupes armés rivaux, depuis longtemps ancrés dans les marchés illicites régionaux et transnationaux. Pourtant, cette consolidation n’a pas apporté de transparence ni de formalisation. Au contraire, le contrôle des secteurs clés s’est concentré entre les mains de réseaux alignés sur la présidence, les institutions de l’État servant de plus en plus d’instruments à la réorganisation et à la mainmise sur les marchés illicites.

Aujourd’hui, les instruments de guerre – armes, carburant et tramadol (un analgésique utilisé par les combattants pour ses effets stimulants et ses propriétés permettant d’augmenter l’endurance) – entrent en RCA depuis les pays voisins, que ce soit par des voies licites ou illicites, mais leur origine se situe dans des pôles d’approvisionnement mondiaux. Ces marchandises transitent par des réseaux transnationaux complexes et des pôles logistiques qui relient les fournisseurs internationaux aux acteurs locaux du conflit.

Ce rapport propose une étude approfondie des marchés criminels les plus directement liés à la violence armée et au crime organisé en RCA. Il se concentre en particulier sur les marchés illicites qui se recoupent et qui acheminent des biens stratégiques vers l’intérieur du pays et des marchandises vers l’extérieur, fournissant ainsi les moyens opérationnels et les incitations financières nécessaires au conflit.